Avec la reprise des compétitions, l’équipe de Janusport reprend progressivement le chemin des terrains. Aujourd’hui, c’est Tamerlan qui nous a préparé une preview de la première édition du Super Rugby Aotearoa qui débute ce vendredi. Dans un premier temps, focus sur le nouveau format de compétition et sur l’effectif des Crusaders et des Blues. Dans un second article, notre tipster rugby développera les forces et les faiblesses des Hurricanes, des Chiefs et des Highlanders.

Nouvelle compétition, nouvelles règles

Avant de rentrer dans le vif sujet et dans la présentation des effectifs, intéressons-nous rapidement à l’organisation de la compétition et aux règles spécifiques de cette première édition du Super Rugby Aotearoa. La compétition rassemble les 5 franchises néo-zélandaises (Crusaders, Blues, Chiefs, Highlanders et Hurricanes) qui s’affronteront toutes par deux fois. Au terme de cette phase régulière de dix journées, un champion sera proclamé à la mi-août.

La Sanzar adapte ses règles avec un but clairement assumé, celui de favoriser un peu plus le spectacle proposé :

  • Golden point : En cas de match nul dans le temps réglementaire, les équipes disputent une prolongation de 10 minutes. La première équipe qui marque un drop, une pénalité ou un essai, l’emporte. Si les équipes n’arrivent pas à se départager à l’issue de ces 10 minutes, le match nul est entériné.
  • Carton rouge : Un carton rouge signifie désormais une exclusion d’une durée de 20 minutes. Pour autant, le joueur sanctionné ne peut pas revenir sur le terrain mais peut seulement être remplacé une fois ce délai passé.
  • « Breaking down the breakdown » : Volonté de durcir l’application des règles pour fluidifier le jeu : plaqueur qui doit se sortir plus rapidement, « extra focus » (selon la formulation officielle) sur la ligne défensive de hors-jeu, etc. En clair, une application qui pourrait ressembler à ce qui se fait en Seven au niveau du breakdown et devrait avantager la continuité du jeu.

Vous pouvez retrouver le communiqué officiel, en anglais, juste ici.

Passons maintenant à la présentation des forces en présence.

 

Crusaders

Historique : Les Crusaders sont les favoris logiques des bookmakers pour cette édition spéciale du Super Rugby Aotearoa. Les hommes de Scott Robertson, un temps pressenti pour prendre les rênes des Blacks, ont remporté les trois dernières éditions de la version « classique » du Super Rugby sans jamais perdre plus de deux matchs de la saison. Tout autre résultat qu’une victoire finale serait donc une contre-performance pour l’équipe de Christchurch, invaincue à domicile depuis 34 rencontres.

Effectif : A l’intersaison, l’équipe a perdu plusieurs cadres majeurs comme Kieran Read, n°8, Ryan Crotty, régulateur de la défense, Matt Todd, Owen Franks ou encore Israel Dagg soit 375 sélections chez les Blacks à eux cinq. Sam Whitelock s’était également envolé pour la Top League mais il fera son retour pour les prochaines semaines de compétition et formera un attelage très solide avec Scott Barrett. Scott Robertson doit donc compter sur la nouvelle génération pour reprendre le flambeau. On pourrait même parler de deux nouvelles générations si on veut rentrer dans le détail. On pense tout d’abord à la vague de jeunes joueurs qui ont impressionné en Mitre 10 Cup ces derniers mois et représentent très certainement l’avenir des Blacks à moyen terme. Le très prometteur Braydon Ennor devrait être associé à Jack Goodhue au centre, Will Jordan peut indifféremment jouer à l’aile ou à l’arrière et Quinten Strange, le deuxième-ligne des Makos, cherchera à gratter du temps de jeu après sa fracture de la main en pré-saison. On sera également très attentif à la tenue de la troisième-ligne new-look qui n’a pas eu à rougir de ses premières sorties en ouverture du Super Rugby 2020. L’autre nouvelle génération qui devra hausser son niveau de jeu est celle qui s’est récemment installée chez les Blacks. On suivra de près les performances de Sevu Reece ou George Bridge qui doivent « step up » à leur tour après une Coupe du Monde délicate. A l’ouverture, pas d’inquiétude en revanche puisque c’est l’excellent Richie Mo’unga qui mènera ses troupes à la bataille. L’effectif des Crusaders est donc toujours très riche mais l’édifice semble moins infaillible que les années passées.

Style de jeu : Les Crusaders sont une équipe très bien organisée dont émane une vraie force collective, une mécanique froide et terriblement efficace qui étouffe son adversaire en étant très agressif sur le porteur du ballon. Ils sont également très efficaces sur la défense des ballons portés avec un pré-binding entre trois joueurs qui leur permet de mettre rapidement leurs adversaires sur le reculoir. Ce n’est pas un hasard si les Saders étaient la meilleure défense du championnat lors des deux dernières saisons. Leur début de saison de Super Rugby avait été prometteur (5 victoires, 1 défaite) bien qu’ils aient été battus par les Chiefs lors d’un match où Richie Mo’unga était absent. Le changement de génération qui s’opère leur enlève néanmoins quelques certitudes, surtout que la concurrence monte à l’échelle nationale.

Mon équipe-type:

Moody, Taylor, Alaalatoa – Barrett, Whitelock – Grace, Christie, Sanders – Hill, Mo’unga – Bridge, Goodhue, Ennor, Reece – Havili

Blues

Historique : Ces dernières années, les Blues sont le Petit Poucet de la conférence néo-zélandaise. L’équipe d’Auckland n’a plus connu les playoffs depuis presque 10 ans malgré de grosses individualités qui ont de tout temps marqué l’histoire du club. La faute, le plus souvent, à un effectif manquant de maturité et parfois même d’un peu de lumière à certains étages.

Effectif : Les Blues ont frappé fort ces derniers mois sur le marché des transferts, ils ont même frappé très fort. En recrutant Beauden Barrett et Dan Carter, la franchise d’Auckland a recruté deux légendes du rugby mondial. On a pas de doute sur l’apport rugbystique de Barrett sur le terrain mais il pourrait également tirer ses coéquipiers vers le haut dans l’implication et le professionnalisme. A ce titre, les tests physiques des Blues sont intéressants puisque Beauden Barrett a battu le record national du Bronco Test (test physique en navettes sur un total de 1200 mètres) en le terminant en 4 minutes 12 tandis que sept autres de ses partenaires ont battu leur propre record personnel. Un indicateur intéressant sur un niveau d’exigence en hausse du côté d’Auckland.

Dan Carter a enchainé les pépins physiques ces derniers mois et devrait manquer de rythme mais son expérience fera le plus grand bien à un vestiaire composé de joueurs talentueux mais souvent fébriles. Il est probable que Carter soit avant tout utilisé comme un remplaçant de luxe à l’ouverture mais une organisation similaire à celle des Saders en 2015 avec Carter en 5/8, et Barrett dans le rôle de Slade en 10, n’est pas complètement à exclure. Si le physique et les performances suivent pourquoi ne pas non plus donner du vrai temps de jeu à Carter à l’ouverture tout en faisant glisser Barrett à l’arrière. Concernant l’effectif dans sa globalité, il semble un peu déséquilibré avec un embouteillage monstre à l’ouverture (Barrett, Carter, Black, Plummer voire Perofeta) alors que la tenue en mêlée est un peu douteuse et que la signature d’un pur centre de très haut niveau n’aurait pas été de refus après les départs de Nonu et de Sonny Bill Williams.

On attendra encore une fois, beaucoup, peut-être trop d’Akira Ioane qui est un peu le symbole des Blues ces dernières années. Un joueur talentueux qui n’en fait peut-être pas assez et qui peine à confirmer. Akira a de l’or dans les mains mais il est souvent nonchalant et se contente de son talent pur pour faire la différence ce qui l’a pour le moment empêché de connaître la grande équipe des Blacks. Espérons que l’éclosion du prometteur Sotutu, qui l’a carrément poussé hors du groupe en début d’année, et l’arrivée de joueurs-modèles le poussent à hausser son niveau de jeu. L’utilisation de son frère, Rieko, sera également à suivre de près. MacDonald l’a fait évoluer tantôt à l’aile tantôt au centre depuis quelques mois et son association avec la petite bombe Telea, pourrait être explosive.

Style de jeu : Traditionnellement, les Blues comptent davantage sur les fulgurances de leurs joueurs pour faire la différence que sur une organisation collective bien huilée. C’est une équipe qui souffre de sautes d’humeur et de concentration, coûteuses à très haut niveau. Elle a pourtant un potentiel monstre surtout avec son recrutement XXL. Si tout se goupille bien, les Blues pourrait être la très grosse surprise de cette compétition mais elle présente pour le moment plus d’espoirs que de garanties.

Mon équipe-type :

Tu’inukuafe, Parsons, Tu’ungafasi – Tuipulotu, Goodhue – Papali’i, Sotutu, Gibson – Nock, Barrett – Ioane, Carter, Faiane, Telea – Duffie

Il est peu probable que MacDonald parte avec cette organisation de sa ligne arrière (Barrett 10, Carter 12) mais c’est une expérimentation que j’aimerais voir si la condition physique de Carter le lui permet.

A suivre : Chiefs, Hurricanes, Highlanders

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