Avec la reprise des compétitions, l’équipe de Janusport retrouve progressivement le chemin des terrains. Aujourd’hui, c’est Tamerlan qui nous a préparé la deuxième partie de sa preview du Super Rugby Aotearoa qui débute ce week-end. Retrouvez notre première partie ici mais tout de suite focus sur les forces et les faiblesses des Chiefs, Hurricanes et Highlanders.

Chiefs

Historique : Depuis 2012, les Chiefs se qualifient chaque année pour les playoffs mais il leur a toujours manqué ce petit quelque chose pour décrocher le titre. L’étincelle pourrait-elle venir cette année du banc de touche avec l’arrivée du réputé Warren Gatland ? C’est en tout cas avec le statut de deuxième favori qu’ils vont aborder la compétition.

Effectif : Au premier regard, l’effectif des Chiefs a de la gueule. L’équipe de Waikato a certes perdu Brodie Retallick à l’intersaison mais conserve ses stars internationales (Sam Cane, Brad Weber, Damian McKenzie, Anton Lienert-Brown) auxquelles viennent s’ajouter Aaron Cruden, auteur d’un bon début de saison, et Quinn Tupaea, une pépite du rugby néo-zélandais qui a fait les beaux jours de Waikato en Mitre 10 Cup (7 essais en 9 titularisations au centre). Pour trouver la recrue phare, il faut pourtant se tourner du côté du staff puisque c’est Warren Gatland qui a pris les rênes de l’équipe. L’ancien sélectionneur du Pays de Galles, réputé comme l’un des tout meilleurs techniciens du monde a vite mis sa patte sur le style de jeu de l’équipe. Les joueurs ont semblé progresser, notamment défensivement, à l’image d’Alaimalo qui n’a perdu que peu de duels cette année mais cela n’a pas empêché les Chiefs d’avoir de véritables trous d’air, notamment dans l’attitude et l’engagement. On pense évidemment à cette prestation honteuse à domicile contre des Brumbies diminués et dans une moindre mesure à cette défaite frustrante face aux Canes en clôture de l’édition régulière de Super Rugby. C’est un peu le revers de la médaille de certaines équipes extrêmement talentueuses qui pensent pouvoir forcer à tout moment la décision mais ne mettent pas forcément tous les ingrédients pour l’emporter. L’équipe n’a pas non plus été épargnée par les blessures ces derniers mois. Si Nathan Harris devrait progressivement retrouver les terrains, et aura la lourde tâche de renvoyer Taukei’aho sur le banc, ce ne sera pas le cas d’Atu Moli, Sam McNicol, Michael Allardice ou de Laghlan McWhannell tous forfaits pour la saison. Les Chiefs conservent de la qualité dans la cage mais il leur manquera d’un peu de profondeur à ces postes clés.  Attention néanmoins à ne pas les sous-estimer, leur ligne arrière est aussi dangereuse qu’excitante tandis qu’ils comptent dans leurs rangs des joueurs un peu méconnus comme Lachlan Boshier, surnommé le “king of turnovers” par la presse locale.

Style de jeu : Les Chiefs ne sont pas loin d’avoir la ligne arrière la plus excitante de cette édition du Super Rugby mais les nombreuses blessures qui touchent leur Tight 5 ne leur permettent plus de voir venir. S’ils enrayent la spirale de blessures et trouvent cette régularité, notamment contre les équipes jugées un peu plus faibles, ils seront des candidats sérieux à la victoire finale.

Mon équipe-type:

Ross, Taukei’aho, Laulala – Ardron, Brown – Cane, Sowakula, Boshier – Weber, Cruden – Alaimalo, Lienert-Brown, Tupaea, Stevenson – McKenzie

Hurricanes

Historique : Deuxième équipe néo-zélandaise la plus titrée dans l’histoire du Super Rugby, les Hurricanes semblent affaiblis à l’approche de cette édition spéciale. L’équipe de Wellington peut-elle se remettre du départ de son maître à jouer Beauden Barrett ?

Effectif : Aaron Cruden, Beauden Barrett, Dan Carter, Richie Mo’unga et Josh Ioane. Voici les noms des ouvreurs des équipes que les Hurricanes auront à affronter dans les prochaines semaines. C’est évidemment dans ce secteur-clé que le bât blesse pour les Canes qui comptent dans leurs rangs les seuls Jackson Garden-Bachop et Fletcher Smith pour évoluer à l’ouverture. Ce sont évidemment de bons joueurs de rugby qui ont déjà fait les beaux jours de Wellington et de Waikato en Mitre 10 Cup mais une classe d’écart les sépare encore de la concurrence nationale, et donc mondiale. Malgré la présence de plusieurs internationaux (Coles, Fifita, Savea et le droitier en pleine progression Tyrel Lomax), le pack des Canes n’apparaît pas non plus comme le plus performant de la compétition. Sur le papier, la première ligne est compétitive mais encore un peu jeune et indisciplinée. S’ils veulent rivaliser contre les meilleures équipes du pays, c’est tout le pack des Canes qui devra hausser son niveau de jeu. C’est donc plutôt des lignes arrières que l’on attendra le salut. Encore une fois, l’équipe se reposera sur ses très fortes individualités telles que Ngani Laumape, Jordie Barrett ou Ben Lam quasiment injouables en 1 contre 1. Mais attention, Jordie Barrett est blessé à l’épaule et d’ores et déjà forfait pour la rencontre du week-end tandis que Ben Lam était initialement attendu dès le 1er août à Bordeaux. Peut-être que la nouvelle recrue de Laurent Marti profitera d’une dérogation pour jouer l’intégralité de la compétition néo-zélandaise mais rien n’a filtré pour le moment.

Collectivement, on attend de voir ce que l’équipe du coach Jason Holland, fraîchement nommé, va donner. Les Canes avaient été démolis par les Stormers (27-0) en ouverture de la saison et s’étaient inclinés à domicile contre les Blues notamment à cause d’une indiscipline, très coûteuse à ce niveau.

Style de jeu : Les Hurricanes n’aiment rien de plus que le “running rugby” mais il ne faut pas oublier les fondamentaux et l’effort devra être fait devant pour rivaliser avec les Crusaders et les Chiefs. On suivra de près l’évolution de la blessure de Jordie Barrett qui est également le buteur de l’équipe. Les prestations de Fletcher Smith et de Garden-Bachop seront déjà suffisamment scrutées et il n’est pas nécessaire de leur ajouter la pression du but. L’équilibre de l’équipe semble un peu précaire pour viser mieux qu’un Top3 à l’heure actuelle mais des upsets sont à prévoir tant l’équipe est talentueuse.

Mon équipe-type :

Numia, Coles, Lomax – Blackwell, Fifita –  Savea, Evans, Kirifi – TJ Perenara, Smith – Lam, Laumape, Aso, Goosen – Barrett

Composition peu probable mais je trouve le pack plus équilibré lorsque Fifita monte dans la cage aussi bien avec Wellington qu’avec les Canes.

Highlanders

Historique : Qu’il semble loin le titre de 2015 quand les Highlanders comptaient dans leurs rangs Sopoaga, Fekitoa, Naholo ou encore Ben Smith, tous au sommet de leur art. Sans ses glorieux anciens, les Highlanders peuvent-ils échapper à la dernière place du Super Rugby Aotearoa ?

Effectif : Le malheur quand on regarde l’effectif des Landers, c’est de ne pas vraiment y voir de points forts. Évidemment, il subsiste des motifs d’espoir qu’il s’agisse de la charnière Aaron Smith – Josh Ioane qu’Aaron Mauger souhaite installer dans la durée après quelques errements, de l’énorme Shannon Frizell qui a le potentiel pour devenir une référence mondiale à son poste ou de l’impatience qui nous gagne de voir évoluer les 7istes Nareki et Koroï. Le retour à la compétition de Milner-Skudder, après deux ans d’absence, est également une belle nouvelle aussi bien pour le joueur que pour la franchise. Mais dans quel état physique allons-nous le retrouver ? Il est en tout cas trop juste pour les premières rencontres et est attendu au mieux en troisième semaine de compétition. Passés ces éléments favorables, l’édifice semble léger. Le tight five ne présente aucune garantie, aucun joueur n’est international dans les lignes arrières en dehors de la charnière, et on a presque l’impression de voir une belle équipe de Mitre 10 Cup plutôt qu’un concurrent sérieux au Super Rugby. Le terrain ne ment pas puisque les Landers étaient derniers de la conférence néo-zélandaise avant l’interruption avec un bilan d’une victoire en cinq matchs et ce malgré un calendrier plutôt favorable. Individuellement et collectivement, les Landers ne semblent pas avoir la clé et tout autre résultat qu’une dernière place serait déjà une performance tout à fait honorable.

Style de jeu : Les Highlanders sont friables à peu près dans tous les secteurs de jeu. Ils manquent d’un peu de puissance devant et de talent individuel pour des différences derrière. C’est pas gagné.

Mon équipe-type :

Johnstone, Dixon, Tokolahi – Parkinson, Parete – Frizell, Ben-Nicholas, Lentjes – Smith, Ioane – Nareki, Tompkinson, Thompson, Koroi – Milner-Skudder

Pronostic final

  1. Crusaders
  2. Chiefs
  3. Blues
  4. Hurricanes
  5. Highlanders

Malgré un changement de génération, les Crusaders sont les favoris logiques de la compétition. Les Chiefs pourraient les pousser dans leurs derniers retranchements mais l’homogénéité et la profondeur de l’effectif devraient faire la différence. On suivra de près la performance des Blues, mais l’équipe d’Auckland présente pour le moment davantage d’espoirs que de certitudes. Le pack des Hurricanes et l’absence d’un 10 de haut-niveau semblent rédhibitoires pour espérer mieux qu’un Top3 tandis que les Highlanders devraient finir bon derniers de la compétition.

Cet article vous a plu ? N’hésitez pas à profiter de notre offre découverte 2 mois offerts, sans engagement, pour accéder à l’intégralité de nos pronostics !